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Oser écrire quand on n’a rien d’inspirant à dire

  • il y a 5 jours
  • 3 min de lecture
plante, désert
Les périodes creuses ne sont pas vides. Elles transforment, en silence.

Ça fait longtemps que je n’ai pas écrit.


Pas parce que je n’avais rien à dire, mais parce que je ne me reconnaissais pas dans ce que j’aurais écrit. J’avais l’impression que tout sonnait forcé, un peu trop propre, un peu trop “comme il faut”. Et honnêtement, je n’étais pas là.


Les derniers mois ont été… pleins. Pas nécessairement négatifs, mais exigeants intérieurement. Beaucoup de réflexion, de repositionnement, de décisions à prendre. Mon entreprise de coaching évolue, tout comme mon rôle de conseillère en expérience client. Des idées de nouveaux projets émergent, avec cette envie de créer autrement, plus aligné, plus libre, sans toujours savoir exactement comment. Et en parallèle, cette petite voix qui revient parfois, celle qui doute, celle qui questionne ma légitimité, celle qui me pousse à vouloir être certaine avant d’avancer.


Je me suis aussi observée dans quelque chose que je connais bien : le réflexe de me retirer un peu quand ce n’est pas parfaitement clair à l’intérieur. Comme si je devais attendre d’être solide à 100 % pour me montrer, pour écrire, pour prendre ma place. Comme si je devais avoir fait le tour de la question avant d’oser en parler.


Mais la réalité, c’est que la vie ne fonctionne pas comme ça. En ce moment, je suis dans un entre-deux. Un espace où je sens qu’il y a quelque chose qui se redéfinit, mais qui n’est pas encore complètement nommé. Et pendant longtemps, j’ai interprété ces moments-là comme des pauses, des creux, presque des reculs.


Aujourd’hui, je commence à les voir autrement.


Je les vois comme des zones de transformation. Des espaces où quelque chose se replace en profondeur, même si ce n’est pas visible encore. Des moments où ralentir n’est pas un échec, mais une nécessité. Et surtout, des moments qui font partie du mouvement, pas en dehors de celui-ci.


Dans mes mandats d'expérience client, ça m’a aussi frappée. Je travaille avec des équipes qui vivent exactement ce genre de décalage : une stratégie claire sur papier, mais une réalité terrain plus floue, plus fragmentée. Des intentions fortes, mais des frictions dans l’exécution. Et souvent, au lieu de nommer cet espace-là, on essaie de le corriger rapidement, de le lisser, de passer par-dessus.


Alors que c’est souvent là que tout se joue.


Je réalise que ce que j’accompagne chez mes clients, je le vis aussi, à ma façon. Cet espace entre ce qu’on veut être, ce qu’on croit devoir être, et ce qu’on est réellement en train de devenir.


Et c’est inconfortable.


Parce que ce n’est pas stable. Parce que ce n’est pas encore clair. Parce que ça demande de rester présente sans avoir toutes les réponses.


C’est probablement pour ça que je n’écrivais plus.


Parce que je pensais que je devais arriver avec quelque chose de construit, de solide, d’utile. Mais en fait, ce que j’avais à partager, c’était exactement ça : cet espace imparfait, en mouvement, encore en train de se définir.


Aujourd’hui, j’écris à partir de là.


Pas pour inspirer. Pas pour enseigner. Juste pour être en cohérence avec ce que je vis. Et peut-être aussi pour normaliser quelque chose qu’on vit toutes, mais qu’on nomme rarement : le fait de ne pas toujours être au top, même quand tout semble bien aller de l’extérieur.


Je pense qu’il y a une forme de leadership là-dedans. Une forme plus silencieuse, mais profondément ancrée. Celle de rester présente même quand ce n’est pas parfaitement aligné, de ne pas disparaître dès que ça vacille. C’est un espace que j’apprivoise encore. Un espace qui me demande de revenir à moi, encore et encore, et de choisir de rester là, même quand c’est inconfortable, même quand ce n’est pas clair. Celle de pouvoir dire, simplement : je suis là, même dans le flou et c’est ok.


Et si on arrêtait d’attendre d’aller parfaitement bien pour exister pleinement ?


Si ce texte résonne, on peut simplement en parler.

Une conversation pour faire le point, sans pression, sans performance.


Mylène

 
 
 

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